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Rencontre entre ostréiculteurs français et américains pour échanger sur les défis posés par des océans en mutation à l’occasion de la 31e édition du Salon National de la Conchyliculture et des Cultures Marines, à Vannes

Le 14 septembre 2015. Des ostréiculteurs et des scientifiques américains étaient à Vannes, la semaine dernière, pour rencontrer leurs homologues français afin de discuter des défis de l’ostréiculture et des cultures marines dans un contexte de changement des conditions océaniques. Mortalités massives, acidification des océans sont des sujets préoccupants des deux côtés de l’Atlantique, qui ont été discutés lors de la 31e édition du Salon National de la Conchyliculture et des Cultures Marines.

La menace de l’acidification des océans

L’acidification des océans est causée par l’absorption du dioxyde de carbone, généré par les activités anthropiques qui provoquent une réaction chimique rendant les eaux marines plus acides. Environ le quart des émissions de dioxyde de carbone, issues des activités industrielles et de l’utilisation des sols, sont absorbés par les océans. Le ruissellement de nutriments, d’origine agricole et urbaine, entraîne également une pollution qui peut exacerber l’acidification et l’eutrophisation et causer une mortalité massive de la faune marine dans les zones côtières.
Les océans sont aujourd’hui 30% plus acides qu’ils ne l’étaient avant la révolution industrielle. Dans ces conditions, les espèces marines telles que les huîtres, les palourdes ou les moules rencontrent des difficultés pour former les coquilles nécessaires à leur survie.

De la pêche au tourisme, en passant par l’aquaculture, les océans sont à la base d’une industrie représentant 21 000 milliards de dollars. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les produits de la mer représentent environ 17% des protéines consommées par la population mondiale. Toutefois, l’acidification des océans menace leur capacité à soutenir une économie dynamique.

Entre 2006 et 2009, les écloseries du nord-ouest des États-Unis ont ainsi perdu plus de 80% de larves d’huîtres, notamment à cause de l’acidification des eaux, engendrant ainsi une pénurie pour les ostréiculteurs et une perte de revenus considérable. Ces évolutions du milieu marin menacent les moyens de subsistance des pêcheurs et des conchyliculteurs, ainsi que les communautés côtières dont l’économie dépend de la santé des océans.
L’acidification des océans est un enjeu particulièrement difficile à affronter pour l’industrie conchylicole américaine. Des pays tels que la Nouvelle-Zélande et le Chili sont également très vigilants sur ce sujet.

Bill Dewey, représentant la Taylor Shellfish Co., le plus important producteur d’huîtres aux États-Unis se réjouit de cette rencontre et explique : “En 2007-2008, notre écloserie d’huîtres située dans l’Etat de Washington a perdu plus de 75% de ses larves. À ce moment-là, nous ne savions pas ce qui les tuait. Nous savons aujourd’hui que l’acidification des océans a contribué à ces pertes. Désormais, nous suivons le pH et les conditions hydriques afin d’éviter de nouvelles pertes, et nous sommes disposés à partager notre expérience avec nos collègues français ».

Mortalités massives
L’acidification des océans n’est cependant qu’une menace parmi d’autres, mais ce phénomène peut exacerber d’autres problèmes tels que le développement de maladies et les mortalités massives que rencontrent actuellement les producteurs (bactérie Vibrio aux Etats-Unis, Herpès Virus en France…).

Alain Dreano, Secrétaire Général du Comité Régional Bretagne-Sud, se réjouit d’accueillir la délégation américaine cette année. « Nous partageons les mêmes préoccupations. Le virus herpès principalement et plus récemment la bactérie vibrio, affectent malheureusement nos productions de façon récurrente avec une importance qui varie selon les zones et les années. L’acidification des océans n’est pas encore une préoccupation pour les producteurs mais l’organisation professionnelle a intégré cette problématique et est en veille sur cette question. La venue de la délégation américaine est une chance : nous pouvons échanger nos expériences, nos points de vue, nos pratiques et nos préoccupations. Il serait très utile que cette première rencontre puisse initier la création d’un réseau international. Le partage d’expériences entre professionnels est essentiel pour trouver des solutions aux enjeux auxquels nous sommes tous confrontés. »

Les membres de la délégation américaine ont eu l’opportunité de rencontrer sur le salon des producteurs français, des scientifiques ainsi que des représentants d’écloseries. Ces échanges ont été complétés par une visite de terrain.
Initiée par l’association américaine Ocean Conservancy, en collaboration avec SeaWeb Europe, cette rencontre a été rendue possible grâce au Comité National de la Conchyliculture et au Comité Régional Bretagne-Sud. Elle constitue une première étape en faveur d’une collaboration internationale à la recherche de solutions environnementales pour le secteur.