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Eco-etiqueta

À quoi servent les écolabels en matière de produits de la mer ?

Un label offre la garantie que le produit qui le porte possède certaines caractéristiques relatives à sa production ou à sa composition. Il existe aujourd’hui de nombreux labels dans le secteur agro-alimentaire. Parmi eux, l’écolabel, ou label écologique, vise à promouvoir les produits qui ont un impact réduit sur l’environnement. Dans le domaine des produits de la mer, on distingue les écolabels destinés aux poissons sauvages et ceux destinés aux poissons d’élevage. Voici quelques informations pour mieux s’y retrouver.

Les écolabels pour les produits issus de la pêche

Il n’existe pas de cadre public pour l’éco-étiquetage (ou écolabellisation) des produits de pêche. Cependant, un cadre internationalement reconnu a été établi par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation) en 2005, comprenant des directives encadrant les systèmes d’éco-certification des pêcheries gérées de manière durable.

MSC (Marine Stewardship Council)

MSC (Marine Stewardship Council)Le Marine Stewardship Council est une organisation non gouvernementale qui a créé un label identifiant les produits de la mer issus de pêcheries durables, en vue d’apporter une solution au problème de la surpêche. Cette ONG internationale opère auprès de pêcheries sur tous les continents et a développé un programme de labellisation des produits de la mer. Fin 2013, 216 pêcheries étaient certifiées MSC et 102 étaient en cours d’évaluation (soit environ 10% des captures mondiales issues de pêcheries certifiées destinées directement à la consommation humaine).
En France, six pêcheries étaient certifiées MSC fin 2013.

Pour obtenir la certification, chaque pêcherie doit démontrer qu’elle répond à 3 principes fondamentaux :

  • L’état des stocks de poisson : l’effort de pêche doit être à un niveau compatible avec la durabilité de la ressource. Toute pêcherie certifiée doit fonctionner de manière à assurer la pérennité de son activité et ne doit pas surexploiter la ressource.
  • L’impact sur le milieu marin : les activités de pêche doivent permettre le maintien de la structure, de la productivité, de la fonction et de la diversité de l’écosystème dont la pêcherie dépend.
  • Le système de gestion de la pêcherie : la pêcherie doit respecter tous les règlements et lois locales, nationales et internationales en vigueur. Elle doit aussi avoir un système en place qui permette de maintenir la durabilité de la pêcherie lorsque les conditions évoluent.

Près de 14 000 produits de la pêche commercialisés dans le monde portent le label MSC : 829 produits le portent en France, 710 en Suisse, 613 en Belgique et 3186 en Allemagne.

Label français pêche durable

La création d’un nouvel écolabel public en France, prévu dans la loi Grenelle 2, est en cours depuis la parution au Journal Officiel le 28 janvier 2012, du décret fixant les modalités d’élaboration, de révision et d’homologation du référentiel de ce futur écolabel. La certification des produits au niveau de l’unité de production garantira "le respect des critères de la pêche durable relatifs à la préservation de la ressource et de l’écosystème marin, aux conditions de travail et de vie à bord des marins, à la traçabilité et à la qualité des produits". La certification des produits au niveau de la chaîne de commercialisation garantira "la traçabilité des produits certifiés et la qualité des produits vivants, frais, réfrigérés jusqu’à leur vente au consommateur final”. Le référentiel, ainsi que le plan de contrôle de cet écolabel sont actuellement en processus de consultation publique sur le site de France Agrimer.

Et Pavillon France dans tout ça ?

Pavillon FranceCréée en 2010, la marque Pavillon France n’est pas un label misant sur la qualité du product garantissant la durabilité des pêches ou des espèces capturées, elle s’attache uniquement à promouvoir la consommation de produits issus de la pêche française.

Les écolabels pour les produits issus de l’aquaculture

Le label “biologique”

Agriculture biologiquePlusieurs standards d’origine publique ou privée co-existent sur le marché international : le label public “AB” en France, le label privé “BioSuisse” en Suisse, le label privé “Biogarantie” en Belgique, le label de la “Soil Association” au Royaume-Uni ou encore celui de “Naturland” en Allemagne.

La réglementation européenne visant à arrêter les dispositions d’une production aquacole biologique est en vigueur depuis 2009 et son application est obligatoire depuis le 1er juillet 2010. Le label européen figure sur les produits en complément ou en substitution des labels nationaux.

Cette certification assure que les poissons d’élevage sont élevés en respectant des critères stricts :

  • pas d’utilisation de pesticides, colorants, stimulants de croissance chimiques ou antibiotiques
  • compléments végétaux issus de l’agriculture biologique (sans OGM notamment)
  • alimentation animale issue de produits de pêche soumis à quotas
  • densité dans les cages moins élevées que dans un élevage conventionnel pour respecter le bien-être animal.

Le label ASC (Aquaculture Stewardship Council)

ASC (Aquaculture Stewardship Council)À l’initiative du World Wildlife Fund (WWF), plusieurs groupes de travail, connus sous le nom de “Dialogues Aquaculture”, se sont organisés depuis 2006 afin de définir des standards pour une aquaculture responsable. Basés sur une démarche transparente et multi-parties prenantes, ces “dialogues” réunissent les différents acteurs de cette activité dont notamment : producteurs, acheteurs, organisations non gouvernementales, organisations publiques, producteurs d’aliments, organismes certificateurs et scientifiques.

Les “dialogues” ont invité les acteurs à travailler ensemble pour identifier les impacts majeurs engendrés par l’aquaculture et définir les standards qui devront permettre de les réduire, voire de les éliminer. Ces standards servent de base pour un écolabel en aquaculture, basé sur une certification tierce partie et géré par un organisme indépendant. Le choix des espèces pour chaque “Dialogue Aquaculture” s’est fait à partir de critères de sélection tels que leur degré d’impact sur l’environnement et sur la société, leur valeur marchande et leur importance commerciale au niveau international. À ce jour, les dialogues se sont portés sur le tilapia, le saumon, la crevette, le pangasius, la truite, le cobia, la sériole, les moules, les huîtres, les ormeaux, la coquille Saint-Jacques et la palourde. Des produits certifiés ASC (pangasius, tilapia et saumon) sont désormais disponibles sur le marché européen.

Les labels aquaculture Business-to-Businesses

GAA (Global Aquaculture Alliance)

GAA (Global Aquaculture Alliance)GAA est une association internationale à but non lucratif, qui a pour objectif de développer une aquaculture durable du point de vue environnemental et social. GAA promeut des normes de « bonnes pratiques » et coordonne la certification d’aquaculture durable selon ses propres normes. Des exploitations ainsi que des sites de transformation peuvent être certifiées.

GlobalGap

GlobalGapGlobal Gap est un organisme privé qui établit des normes de certification pour les produits agricoles et aquacoles au niveau international. Global Gap encourage les partenariats équitables entre producteurs et distributeurs qui souhaitent développer des normes et des procédures de certification efficaces.

Autres écolabels

Friend of the Sea

Friend of the SeaFriend of the Sea certifie à la fois les produits de pêche et les produits d’élevage, selon le code de conduite de la FAO. Pour les produits de pêche, peuvent être également certifiés les produits destinés à l’alimentation des poissons d’élevage (farine, huile, aliments…).

Naturland

NaturlandCette organisation allemande a développé des standards pour la certification de produits de pêche dans les pays en voie de développement (Tanzanie…). Les critères prennent en compte l’impact des techniques de pêche sur l’environnement et les écosystèmes, les conditions de travail et le droit du travail.

Pour les produits d’aquaculture, les standards Naturland pour les élevages aquacoles biologiques sont présents dans une vingtaine de pays et sont disponibles pour la truite, le saumon, les crevettes, le tilapia et le pangasius. Ces standards prennent en compte la sélection des sites d’élevage, la protection des écosystèmes, l’utilisation des produits chimiques, l’utilisation des OGM, l’alimention des animaux.

Dolphin Safe

Dolphin SafeC’est le nom d’une campagne qu’a lancée le Earth Island Institute (EII) aux Etats-Unis et qui a été relayée par le WWF dans les années 90, pour limiter les prises accessoires de dauphins, notamment dans le cadre des pêcheries de thon. Plus de 90% d’importateurs et de distributeurs de thon, au niveau mondial, ont adhéré aux critères « Dolphin safe ». Le label « dolphin safe », porté sur les boîtes de conserve, indique que le thon a été pêché avec des techniques qui ne portent pas atteinte aux dauphins (mais sans tenir compte des éventuelles captures d’autres mammifères marins). Ce label a fait l’objet de différentes controverses.

Et le Label Rouge dans tout ça ?

Label Rouge Créé en 1960, le Label Rouge garantie un cahier des charges strict qui assure une qualité supérieure au produit certifié en comparaison aux produits similaires habituellement commercialisés. Ce n’est pas un écolabel mais un label misant sur la qualité du produit.